Aujourd'hui j'ai le moral au plus bas donc ....
Aujourd'hui j'ai le moral au plus bas donc ....
Bon je vais être un peu plus sérieux aujourd’hui.
Hier je suis monté sur Paris dans le cadre de mon boulot.(« monter à Paris » en voilà une expression de naïf provincial).
Je fais l’aller retour assez régulièrement et j’en ressorts à chaque fois un peu plus désabusé.
En effet je sors de mon TGV rutilant à la gare de Lyon, je fonce dans le RER et là je me retrouve confronté à ces personnes qui font la manche. Non pas que dans ma petite ville de province personne ne soit dans le besoin, c’est juste qu’à PARIS tout le monde semble totalement indifférent à cela, jusqu’à l’exclu qui égrène d’une voix monocorde les quelques mots censés provoquer la compassion des voyageurs. Lui-même semble emporter dans une lassitude un abandon, un désespoir sans fond.
Et j’avoue que j’ai honte, je me fonds dans la masse en m’enveloppant dans la même indifférence, le même mépris.
J’arrive enfin à destination, je débouche à la lumière sur la place de la défense. Et là je suis une nouvelle fois consterné.
Je vois cette société annoncée par Orwell et Huxley. Cette foule d’hommes en costumes/cravates noirs, tous pressés ou fumant au bas de leur joli immeuble tout en miroir.
Et je m’y intègre parfaitement, avec servilité. J’ai appris leurs codes, je ne suis pas différent (surtout pas !!!). Moi aussi je porte mon costume, ma cravate (heureusement un fond de « rebellitude » m’a fait choisir un costume taupe et non pas noir), ma petit sacoche, moi aussi je marche vite (parce que je suis quelqu’un d’occupé moi !) bref je ne suis plus qu’un clone au milieu de ses semblables.
Et voilà à la fin de ma réunion de travail : le retour. Les mêmes sensations face à toutes ces personnes qui s’ignorent même si elles sont collées les unes aux autres (j’ai été plus proche physiquement du jeune rappeur qui s’est frotté contre moi ce jour là que de quelques unes de mes petites amies).
Et enfin les heures de retour dans le tgv, ou j’ai largement le temps de ressasser tout cela et de fustiger ma lâcheté.
Vite mes anxiolytiques ! Que la sainte médication fasse sortir tout cela de mon crâne avant que j’ai envie de réagir et de faire quelque chose de concret pour changer (au moins un peu) les choses…
… Mais non, oublier est tellement plus facile.
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